Le coin irlandais·Livres

Mon traître, Sorj Chalandon

Il trahissait depuis près de vingt ans. L’Irlande qu’il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir…

J’ai eu très envie de lire ce roman, lorsque je l’ai aperçu en story sur le compte de Les mots de lune. Celles et ceux qui me connaissent, savent à quel point j’aime l’Irlande. Mais plus que la République d’Irlande, c’est l’Irlande du Nord, qui est dans mon coeur. Alors, lorsqu’un roman, se passe dans ce pays, même s’il traite du conflit qu’ils ont connu au début du siècle dernier, qui donc ne sera pas une lecture drôle, je me dois de le lire.

C’est une histoire qui se lit très facilement, avec seulement 216 pages. J’ai vraiment adorer me plonger dans ce roman, dès le début. Mais lorsque je lis les commentaires des gens qui l’ont lu, et l’ont adorer, je me dis que ma lecture a été complètement différente de la leur. Quand certain disent que ce roman parle avant tout de l’amitié, la loyauté, la trahison… pour moi, il a eu une toute autre signification. Ce sera donc un article un peu spécial, aujourd’hui.

Tout comme Antoine, j’ai un fort attachement à ce pays. A travers ma lecture, j’ai surtout vu Mon traître comme une ôde à l’Irlande du Nord. Et ce qui est génial avec la plume de Sorj Chalandon, c’est qu’il arrive à retranscrire parfaitement, cette ambiance que j’adore, de ce pays. Une ambiance plus dure, plus sombre que celle que la République d’Irlande fait ressentir. En Irlande du Nord, les policiers ont toujours une arme sur eux. En République d’Irlande, non, car les seuls délits auxquels ils sont souvent confrontés, ce sont les habitants complètement saouls.
En Irlande du Nord, la violence est toujours présente. N’allez pas parler de religion avec les gens. Ne dites surtout pas que vous êtes chrétien ! Ce sujet est encore sensible (les employeurs ont un pourcentage minimum d’embauche pour les chrétiens, comme pour les personnes homosexuelles ou encore handicapées). Des bombes sont toujours fabriquées, artisanalement. Ca, je l’ai appris, un soir, en rentrant du travail, en regardant les infos. Alors que cela se passait juste à côté de mon boulot.

Malgré ça, je ne me suis jamais sentie aussi bien, dans un endroit, que là-bas. Et c’est vrai, on n’entend très peu parler de ce conflit. Beaucoup, après avoir lu ce roman, disent vouloir se renseigner sur cette partie de l’Histoire. J’avoue que c’est un sujet que je ne maîtrise pas parfaitement. Je ne connais pas les dates, ni les grands personnages qui ont joué un rôle dans ce conflit, cependant, j’ai récolté des témoignages d’habitants qui ont vécu ces années. Ma collègue m’a parlé de son enfance, et cette crainte de se faire tuer en allant à l’école. Les lieux parlent d’eux même. Les murs des habitations, des bâtiments.

J’ai pu me projeter facilement dans l’histoire, car je connaissais certain lieux cités. (J’ai d’ailleurs souvent spammé Les mots de lune avec ces passages qui me parlaient, et j’en suis désolée). Tout d’abord, il y a eu l’évocation de Newry. Je ne m’attendais vraiment pas à lire le nom de cette ville dans laquelle j’ai travaillé quatre mois. Celle dans laquelle j’ai arpenté les rues des centaines de fois, parce que je ne me lassais pas de cette vue sur les montagnes de Mourne, et que j’adorais ses commerces. Parce que c’était aussi, souvent, mon point de départ pour partir en exploration du pays, avec sa gare routière.

J’ai d’ailleurs envoyé la photo du passage à mon ancienne collègue, qui est devenue une amie. Elle était encore plus étonnée que moi, de voir le nom de cette ville dans un roman français. Car il faut dire que Newry, n’est pas la première ville citée, lorsqu’on parle de l’Irlande du Nord. En général, Belfast vient en premier, puis vous avez Derry/Londonderry et pour la suite, c’est plus compliqué.

❉❉❉

Ensuite, Antoine évoque le Crumlin Gaol, où il va rendre visite à Tyrone. Là, encore, je me suis totalement plongée dans l’ambiance du passage. Car j’y suis allée. Cette prison, n’est plus occupée. C’est devenue un endroit touristique, que l’on peu visiter. Alors, je tiens à préciser, que je ne suis pas du genre à aller voir des prisons. Non, pour le coup, j’allais voir une exposition de costumes du Bolchoï. Je n’avais aucune idée que cela se passait dans une prison. Je me souviens parfaitement de cette journée. Je suis montée à Belfast, grâce à cette expo. Et alors que j’entendais mes collègues dire qu’ils n’aimaient pas vraiment Belfast, j’en suis tombée sous le charme (ce sera la seconde fois, que j’en tomberai réellement amoureuse). J’étais vraiment perdue, pour trouver cette exposition. La dame de l’office du tourisme m’a alors expliqué quel bus prendre. Le hasard a bien fait les choses, puisqu’une petite dame a entendu la conversation et m’a dit qu’elle allait aussi la voir, avec une amie qu’elle rejoignait sur place. Nous avons pris le bus ensemble. Et moi qui suis du genre réservée, et à enfoncer mes écouteurs dans mes oreilles dans les transports en commun, je n’ai pas voulu le faire pour ce trajet. Marguerite et moi avons discuté tout le long. Elle doit son prénom à ses parents, amoureux de la France, qui ont même acheté une maison secondaire à Evian, dont elle a hérité et où elle adore passer le mois de juillet. Nous nous sommes séparées devant la prison, car son amie l’attendait.
Pour l’exposition, nous devions attendre à l’accueil, et c’est là, que j’ai commencé à me sentir mal à l’aise. L’affiche « prison hantée » n’a pas aidé à me détendre et me mettre à l’aise. En entrant dans le hall, j’étais vraiment mal. J’ai oublié toutes ces personnages qui ont été enfermées dans ces lieux, en voyant tous ces beaux costumes, mais en repartant, je me suis rappelée de l’endroit.
Ce passage, aussi bref soit-il, dans Mon Traître, a réveillé en moi ces souvenirs.

❉❉❉

Et puis, il y a eu l’évocation de l’hotel Europa. La première chose que j’ai vu, en sortant de la gare routière. J’ai adoré la devanture de l’hôtel. J’ai aussi adoré le quartier, le bâtiment de l’Opera House, juste en face.

❉❉❉

Alors voilà. Pour moi, Mon Traître, c’est avant tout, une plongée dans mes souvenirs. Avec un décor, une histoire, une ambiance. Je ne dirai pas que c’est un coup de cœur, car j’ai trouvé le personnage principal trop passif. Mais j’ai adoré la plume de l’auteur, et je compte bien lire la suite Retour à Killybegs.

2 commentaires sur “Mon traître, Sorj Chalandon

  1. J’étais tellement pressée de lire ton article! Et – c’est pas très surprenant – tu me donnes envie de prendre mon billet pour l’Irlande du Nord right now.
    J’ai hâte de retourner dans ce pays. De m’y plonger vraiment 💕

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s