Le coin irlandais·Séries

Normal People

La relation compliquée entre Marianne et Connell depuis leurs années d’école dans une petite ville de l’ouest de l’Irlande jusqu’à leurs études universitaires au Trinity College.

La BBC et Hulu se sont associés pour adapter le roman de Sally Rooney.

Le résumé n’a rien d’intriguant, contrairement à la bande-annonce qui indique que l’histoire n’est pas simple entre ces deux jeunes gens. Mais il aura suffit des mots de Niall Horan sur cette série pour me convaincre de la regarder. Sans parler qu’après quelques recherches, quand j’ai lu « Irlande« , « Trinity College » et BBC3, je n’ai pas chercher plus loin, j’ai été la visionner.

Dès le premier épisode, je suis tombée sous le charme, je savais que j’allais adorer. Déjà, parce que cela m’a replongé dans ma courte vie irlandaise, qui me manque tellement. Ensuite, cet accent… bien qu’il y ait quelques différences avec l’accent nord-irlandais, il y a quand même des sonorités qui m’ont vraiment rappelé les gens que je côtoyais tous les jours. Sans parler des élèves en uniformes, que je croisais régulièrement, en allant prendre mon bus après le boulot.
L’Irlande a beaucoup fait pencher la balance pour me convaincre de regarder cette série. Seulement, j’ai déjà testé Derry Girls, et cela ne l’a pas fait dès le premier épisode. Il me faut plus que ce magnifique pays pour me plaire.

A commencer par la qualité des images. Comme à chaque série produite par la BBC, il n’y a rien à redire. C’est propre, c’est beau, c’est poétique, c’est lent, on va plus vers des tons froids, et ça me va. C’est vraiment ce que j’aime. Et c’est la marque de fabrique de la BBC. Broadchurch, Luther, The Fall, Call the midwife, The Passing bells, Downton Abbey… elles ont toutes ce visuel en commun. Qu’on retrouve aussi dans les films de productions anglaises. Et c’est aussi pour ça, que je préfère les films/séries britanniques aux productions américaines qui manquent cruellement de poésie. Ce qui est expliqué aussi, par les différences culturelles des deux pays.
Ce qui m’a vraiment frappé, dans cette série, c’est la capacité de prendre un décor dénué de charme dans la vie de tous les jours et de le rendre magnifique à l’écran.

La bande-son. Rien à redire. Chaque chanson choisie, colle parfaitement à la scène. Et je m’écoute depuis que j’ai découvert cette série, la playlist, non-stop, et il n’y a pas un seul morceau qui ne me procure pas une sensation de bien-être, qui ne me plaise pas. Ça peut paraître bête ce que je dis, mais cela m’arrive souvent de trouver une chanson émouvante ou qui me procure un sentiment très fort lors d’un film ou d’une série, mais lorsque je l’écoute en dehors de la scène correspondante, je n’accroche pas.

N’allez pas croire qu’il s’agit-là, d’une romance comme on en a déjà vu à foison. La relation entre Connell et Marianne est complexe, pleine de non-dit qui donnent lieu à des incompréhension, des blessures. A travers cette histoire, on comprend l’importance de la communication. Une scène particulièrement, illustre bien à quel point chacun comprend les choses différemment, si les choses ne sont pas clairement exprimées. Avec des sous-entendus et des lectures entre les lignes, tout le monde n’est pas bon à ça. Même si il y a une belle complicité entre les personnes. Connell et Marianne, sont deux personnes qui n’expriment pas forcément ce qu’ils ressentent. Marianne un peu plus, mais elle tait certains aspects de sa vie. Connell est un taiseux.

Ces deux personnages principaux m’ont touché d’une manière différente. En chacun d’eux, je me suis retrouvée, mais Connell est celui auqeul je me suis le plus identifiée. Et c’est une première, pour moi, de trouver autant de ressemblances avec un personnage masculin. Et quel personnage ! Porté pas Paul Mescal, qui joue à merveille, Connell a su me charmer tout au long de la série. Physiquement, mais aussi et surtout par son caractère. J’ai aimé, qu’on nous montre un homme qui pleure, qui avoue ses faiblesses. Parce que c’est souvent l’inverse que l’on a, les hommes forts, qui lorsqu’ils sont blessés, tristes, extériorisent leurs sentiments par la violence, la colère.
Marianne, interprétée par Daisy Edgar-Jones, est loin du cliché de la fille paria du lycée, timide dont tout le monde se moque et qui encaisse les coups sans rien dire. Je crois que c’est vraiment ce que j’ai aimé dans son personnage : qu’il soit loin des clichés. C’est une femme, que j’ai eu du mal à comprendre, par moment.

Je crois que c’est une des choses que j’ai apprécié dans cette série, de devoir bien analyser les personnages, leurs actes, leurs paroles, afin de bien comprendre la situation, leur façon de penser. Ne pas juger sans essayer de comprendre. Ne pas juger, du tout, en fait. C’est vraiment la première fois que ça m’arrive, de ne faire aucun jugement sur les personnages. Je me suis concentrée sur l’histoire. Sur l’alchimie entre les deux acteurs principaux, sur qui l’intrigue repose et qui jouent à la perfection.

J’ai été agréablement surprise, pour une production anglaise, de voir autant de corps nus, mais surtout, que ce ne soit pas que la femme qu’on voit nue en totalité. Les hommes ne sont pas camouflés, comme dans toutes les autres séries et les films (anglais, français, américains…). Et j’ai été étonnée car les anglais sont beaucoup plus pudiques que nous. Je vous l’accorde, c’est un point dont on se fiche un peu, mais j’avais envie de partager mon ressenti vis-à-vis de ce point.

En fait, cette série, cette histoire, n’a rien à voir avec toutes les romances que j’ai pu lire/voir. Et c’est, ce qui fait que je l’aime autant. Car en plus de ça, les acteurs pour n’importe quel rôle, sont des gens qui nous ressemblent, physiquement. Pas des canons de beauté, mais des gens lambdas, dont le charme opère. Et le casting porte bien le nom de la série, du livre, « Normal People ».

J’aurai un millier de choses à vous dire sur cette adaptation. A quel point, cela m’a fait chaud au cœur de revoir des lieux que j’ai visité. A quel point, chaque épisode m’a compressé le cœur. A quel point, j’ai été émue. Peut-être que je vous sur-vends cette série, à laquelle vous n’accrocherez pas, peut-être parce qu’elle me parle énormément du fait que cela se passe en Irlande, et que je retrouve ce mode de vie, ces choses que j’aime tant dans ce pays, que cela me rappelle cette période de ma vie que j’ai le plus aimé.

Maintenant, j’essaye de me procurer le roman de Sally Rooney, car j’ai envie de le lire. Et j’espère qu’il n’y aura pas de suite à cette série, car la fin est parfaite, à mon goût. Lui rajouter une seconde saison, serait lui enlever tout son charme, toute sa beauté.

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