Livres

Le Réseau Alice, Kate Quinn

L’histoire oubliée du plus grand réseau d’espionnes de la Première Guerre mondiale.
Un an après le début de la Grande Guerre, Eve Gardiner brûle de prendre part à la lutte contre les Allemands et est recrutée comme espionne. Envoyée dans la France occupée, elle est formée par Lili, nom de code : Alice, qui dirige un vaste réseau d’agents secrets pour lutter contre l’ennemi. Trente ans plus tard, hantée par la trahison qui a provoqué le démantèlement du réseau Alice, Eve, devenue alcoolique, vit recluse. Jusqu’au jour où Charlie, une jeune étudiante qui souhaite retrouver sa cousine disparue en France pendant la dernière guerre, déboule chez elle en prononçant un nom qu’elle n’a pas entendu depuis des décennies. Leur rencontre les entraînera dans une mission visant à découvrir une vérité trop longtemps enterrée.

Un roman historique à lire de toute urgence !

Je n’aime pas les romans historiques. Parce que je trouve le vocabulaire toujours très lourd, pompeux et incompréhensible. J’aime encore moins les fictions qui se passent durant les deux Guerres Mondiales. La Première, parce que bon les tranchées, tout ça c’est pas très passionnant. La Seconde, parce que j’en ai tellement mangé durant ma primaire (la faute à l’instit fan de cette période) et on continue au collège puis au lycée. Attention ! Ce n’est pas parce que je n’aime pas ces périodes dans les fictions, que je dénigre le passé. Loin de là, j’ai énormément de respect pour les personnes qui se sont battues, qui ont mis leur vie en péril pour qu’un jour on puisse grandir dans un pays libre !

Mais un jour, j’ai lu La Maîtresse de Rome de Kate Quinn et j’ai découvert que je pouvais être captivée par un roman historique.

C’est donc sans réellement lire le résumé, que j’ai acheté ce roman, dès sa sortie. Je ne l’ai pas lu directement, même si j’en mourais d’envie, car je savais qu’il me faudrait le lire quand j’aurai le temps. Cette période de confinement était l’occasion de m’y mettre.

Sur fond d’Edith Piaf (j’ai eu une soudaine envie de l’écouter après ma lecture. C’est donc avec sa voix en fond, que je vous écris cet article), ce roman parle de femmes fortes, courageuses, qui se battent pour leurs convictions. Les chapitres alternent l’histoire de Charlie puis d’Eve. J’ai eu un peu de mal, au départ à me mettre dans l’histoire, à cause de cette alternance (mais c’est comme ça avec tous les livres dont la narration se passe de la sorte, comme avec Les Lettres de Rose de Clarisse Sabard). Et puis, j’ai vite accroché à l’histoire de Charlie. Celle d’Eve attisait ma curiosité, mais son passé étant plus lourd, je faisais souvent des pauses, afin de pouvoir digérer tout ça. J’en profite, tant que j’y pense, à prévenir les âmes sensibles et leur dire de passer leur chemin, car la cruauté, la violence, la dureté de cette époque est bien présente, bien décrite. J’avoue avoir eu envie de vomir à plusieurs passages (oui, quelle idée aussi de lire au petit-déjeuner, alors qu’on est en pleine scène de torture allemande !) et me dire que ces femmes étaient vraiment courageuses.

C’est d’ailleurs les atouts des romans de Kate Quinn, de nous compter les histoires d’héroïnes fortes. Le Réseau Alice n’est pas une exception. C’est d’autant plus vrai qu’elle y a mis deux vraies héroïnes, dont je n’avais jamais entendu parler avant ce roman ! Et je trouve que c’est une honte, de ne jamais nous parler des femmes qui ont marqué l’Histoire, encore plus de nous parler du rôle des femmes durant le Première Guerre Mondiale. Car si j’ai bien appris une chose, dès le début de ce roman, c’est que cette guerre ne se résumait pas qu’aux combats dans les tranchées, mais qu’il y avait aussi des combats dans la vie civile, et que tout comme la Seconde, les gens étaient rationnés, surveillés…
Louise de Bettignies est une femme exceptionnelle, qui ne mérite pas de tomber dans l’oubli. Je remercie Kate Quinn, d’en avoir fait un personnage secondaire de son roman. Je suis sûre que si, durant ma scolarité, on m’avait parlé de ces femmes espionnes, je me serai bien plus intéressée à l’Histoire. Et il faut que ce soit une auteure américaine qui mette la lumière sur cette femme et ce réseau, si importants durant cette période.

Les personnages qui donnent vie à ce roman, sont passionnants. J’ai vraiment eu du mal avec Eve au départ, mais au fur et à mesure de lire son histoire, tout comme Charlie, j’ai appris à l’apprécier et même la respecter. J’ai adoré le trio Charlie/Finn/Eve, tout comme le trio des « Fleurs du Mal » Lili/Violette/Marguerite. Un mélange de personnages fictifs et de personnages historiques, qui se complètent à merveille.
Un petit coup de cœur pour Finn, cet écossais au grand cœur. Il suffit juste de percer sa carapace.
Je dois aussi parler d’Eve et son handicap. Le bégaiement, est une particularité que je vois trop peu souvent dans les fictions et d’avoir un personnage aussi fort qu’Eve, qui bégaye, c’est appréciable. J’avoue avoir versé une petite larme, lorsque j’ai lu l’explication de Kate Quinn sur la raison d’avoir attribué ce handicap à cette héroïne.

Une autre chose que j’aime chez cette auteure, c’est le contenu de ses romans. On sent qu’elle maîtrise le sujet, la période, qu’elle a fait des recherches bien poussées. Et elle explique, à la fin, son travail en amont. Cela se sent, par son vocabulaire très varié, très riche. La costumière qui sommeille en moi, est toujours ravie d’avoir des détails précis sur les tenues de l’époque, avec les bons termes.

Bref, si vous n’avez toujours pas compris, je suis fan de cette auteure, de ses écrits.

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